• Chirurgie de la rate

    Anatomie et fonction de la rate

    rate

    La rate est un organe mesurant une vingtaine de centimètres situé sous le diaphragme à gauche, ayant un rôle immunitaire en protégeant l’organisme contre les virus ou les bactéries responsables par exemple des méningites ou des pneumonies.

    Elle permet également de recycler les « vieux » globules rouges et les plaquettes remplacés par ceux produits par la moelle osseuse. Le retrait de la rate appelé splénectomie, ou son mauvais fonctionnement, augmente le risque d’infection et justifie donc des vaccinations.

    Les principales pathologies de la rate

    • Les traumatismes, de différentes natures, pouvant conduire au retrait de la rate en cas d’atteinte sévère. Le traitement est toutefois le plus souvent conservateur.
    • Les maladies du sang : purpura thrombopénique idiopathique (destruction des plaquettes), anémie hémolytique auto immune (destruction des globules rouges), atteinte des globules rouges (sphérocytose, thalassémies), ou certaines formes de lymphomes ou de leucémies.
    • Les tumeurs et les kystes. Hormis le pseudokyste et l’angiome, la chirurgie est la règle qui doit être la plus conservatrice possible

    La chirurgie de la rate

    L’ablation de la rate appelée splénectomie peut être totale ou partielle. Elle est réalisée par coelioscopie ou par ouverture classique selon sa taille.
    La splénectomie doit être précédée de 3 vaccinations. Si elle est réalisée en urgence ces vaccins seront réalisés entre le 15ème et 30ème jour post opératoire.

    Les suites opératoires

    Après une surveillance en salle de réveil, vous êtes transférés aux soins continus pour 48 à 72h. L’alimentation est reprise le soir même ou le lendemain. Vous pouvez vous remobiliser rapidement. Des bilans biologiques réguliers sont réalisés ainsi qu’une échographie systématique au 5ème jour post opératoire à la recherche d’un caillot dans la veine splénique.

    Les risques de la chirurgie de la rate

      • Saignement. Les vaisseaux vascularisant la rate (artère et veine) sont liés ou agrafés durant l’intervention de splénectomie. Malgré cela, très rarement, ces vaisseaux peuvent saigner de nouveau justifiant une reprise opératoire.
      • Pancréatite. La rate et la queue du pancréas sont très proches. Cela explique que le pancréas puisse être irrité par la chirurgie et s’inflammer. Il n’est pas possible de présager de la gravité d’une pancréatite.
      • Thrombose. La veine splénique qui vascularise la rate est liée lors de l’intervention chirurgicale. Malgré une thromboprophylaxie systématique (anti coagulant), un caillot peut se former dans cette veine liée. On parle de thrombose ou de phlébite. Si elle est diagnostiquée à l’occasion de symptômes (fièvre, douleur abdominale) ou par l’échographie systématique du 5ème jour post opératoire, une anti coagulation curative est nécessaire pendant au moins 3 mois.
      • Thrombocytose : Le nombre de plaquettes augmente souvent après l’ablation de la rate. Lorsque ce nombre dépasse 1 million/mm3, un traitement par antiagrégant plaquettaire est prescrit (Aspégic).
      • Risques communs à toute chirurgie : conversion en laparotomie, plaie d’un autre organe (colon, estomac, pancréas), abcès, hématome, complication pulmonaire, phlébite et embolie pulmonaire.
      • Infection. L’ablation de la rate diminue les défenses immunitaires et expose l’organisme à des infections plus fréquentes et plus graves, lorsqu’elles sont notamment causées par 3 germes (streptocoque, Haemophilus et méningocoque). Ce risque infectieux justifie des vaccinations et la prise d’un antibiotique quotidien pendant 2 ans.
      • A distance : comme dans toute intervention abdominale, des déformations de la paroi de l’abdomen (éventrations) et des brides intra-abdominales sont possibles.

    Il est rappelé que toute intervention chirurgicale comporte un certain nombre de risques y compris vitaux, tenant à des variations individuelles qui ne sont pas toujours prévisibles. Certaines de ces complications sont de survenue exceptionnelle (plaies des vaisseaux, des nerfs et de l’appareil digestif) et peuvent parfois ne pas être guérissables. Au cours de l’intervention, le chirurgien peut se trouver en face d’une découverte ou d’un événement imprévu nécessitant des actes complémentaires ou différents de ceux initialement prévus, voire une interruption du protocole prévu.

    Conseils après chirurgie de la rate

    Vous pouvez marcher tout de suite. La conduite peut être reprise au bout de quelques jours. Vous ne devez pas porter de charges lourdes et ne pas faire d’efforts intenses sur le ventre pendant 1 mois. Aucun régime n’est nécessaire. Des douleurs dans les épaules sont possibles en lien avec les gaz de coelioscopie qui vont disparaitre avant 48h. L’arrêt de travail est de 1 mois.
    Suite à l’ablation de la rate ou splénectomie vous devrez, pour les années à venir, mettre en place des mesures afin de prévenir une infection :

      • Bien prendre les antibiotiques prescrits
      • Informer tout professionnel de santé vous prenant en charge que vous êtes splénectomisés
      • Vous assurer d’avoir été vacciné contre le méningocoque, l’Haemophilus et le pneumocoque
      • Vous faire vacciner annuellement contre la grippe saisonnière