• Tumeurs gastriques

    Les tumeurs gastriques peuvent être bénignes ou malignes. Les tumeurs bénignes sont très rares et représentées par les léiomyomes, les lipomes, les tumeurs des nerfs périphériques de l’estomac, les fibromes, les mucocèles et les tumeurs bénignes des vaisseaux sanguins (hémangiomes) ou des vaisseaux lymphatiques (lymphangiomes). Les tumeurs stromales gastro-intestinales (GIST) peuvent être bénignes ou malignes, essentiellement en fonction de leur taille.

    Les adénocarcinomes sont de loin les tumeurs malignes les plus fréquentes. Les autres tumeurs sont représentées par les lymphomes, les léiomyosarcomes, les tumeurs neuro-endocrines.

    Environ 6000 cancers de l’estomac sont diagnostiqués par an en France, touchant plus les hommes que les femmes. Les facteurs de risque de cancer gastrique sont une gastrite chronique généralement liée à une infection par la bactérie Helicobacter pylori, un tabagisme, une alimentation riche en produits salés et pauvre en légumes et fruits frais, des antécédents familiaux de cancer de l’estomac.

    Avant l’intervention

    Le tabac doit être arrêté dès que possible pour limiter le risque de complications graves.

    Un accompagnement par un tabacologue est possible.

    Une immunonutrition (Oral Impact) vous est prescris sous forme de briquettes à prendre 3 fois par jour durant les 7 jours précédant l’opération. Cette immunonutrition en stimulant le système immunitaire permet de diminuer le risque de complications.

    En cas de perte de poids vous prenez en plus des compléments alimentaires dès la consultation chirurgicale, sous forme de briquettes également. Dans le cas d’une dénutrition sévère, une alimentation entérale (par une mini sonde dans le nez) ou parentérale (par voie sanguine) est nécessaire en pré opératoire. La mise en place et le suivie de cette alimentation spécifique est réalisée par un prestataire de soins ou par l’hospitalisation à domicile (HAD).

    Vous voyez en consultation, le même jour, un anesthésiste et un kinésithérapeute pour l’initiation aux exercices respiratoires post opératoires, permettant la diminution des complications pulmonaires.

    En fonction du stade de la tumeur, une chimiothérapie peut être indiquée avant la chirurgie, administrée par voie injectable via une chambre implantable. Cette décision est prise en Réunion de Concertation Pluridisciplinaire.

    Une prise en charge pluridisciplinaire du cancer

    Le bilan et la stratégie de votre prise en charge sont établis par la collaboration des gastroentérologues, chirurgiens, radiothérapeutes, chimiothérapeutes, radiologues et anatomopathologistes, qui se réunissent en réunion appelée RCP (Réunion de Concertation Pluridisciplinaire).
    Des professionnels de santé vous entourent et vous préparent à la chirurgie : infirmière d’annonce, psychologue, stomathérapeute, kinésithérapeute.
    Vous êtes ainsi accompagné et suivi tout au long de votre parcours de soins.

    Medical team sitting at the table and analyzing cardiogram

    Les gastrectomies

    Les gastrectomies correspondent à l’ablation de tout ou partie de l’estomac. Elles peuvent être réalisées par coelioscopie (caméra et petits orifices) ou le plus souvent par ouverture du ventre (laparotomie). Dans le même temps un « curage » est réalisé correspondant à l’ablation des ganglions péri gastriques.

    Gastrectomie totale


    gastrectomie_totale2Elle s’adresse aux tumeurs du tiers supérieur de l’estomac.

    L’estomac est retiré en totalité puis une suture digestive est réalisée entre l’œsophage et la partie proximale de l’intestin grêle.


    Gastrectomie partielle

    Elle s’adresse aux tumeurs du tiers inférieur de l’estomac.

    L’estomac est retiré aux 2/3 puis une suture digestive est réalisée entre l’estomac restant et la partie proximale de l’intestin grêle.


    Résection gastrique atypique

    Elle s’adresse aux tumeurs bénignes. Une pastille d’estomac est retirée, généralement par coelioscopie.
    Les suites opératoires

    Après une surveillance en salle de réveil, vous êtes transféré en service de soins continus pour 48H à 72H. En cas de laparotomie, la douleur est bien contrôlée par une analgésie péridurale.

    Vous êtes levé et mis au fauteuil puis la marche est reprise dès que possible.

    Si un drain est mis en place, il est généralement retiré au 6ème jour post opératoire.

    La sonde gastrique est souvent retirée en fin d’intervention mais peut être reposée transitoirement en cas de paralysie intestinale.

    Une kinésithérapie mobilisatrice et respiratoire est réalisée 1 à 2 fois par jour aux soins continus puis selon vos besoins.

    L’alimentation est reprise progressivement, d’abord liquide puis solide, en fractionnant les repas.

    En cas de résection gastrique atypique, un protocole de récupération rapide après chirurgie est instauré.

    L’hospitalisation dure environ 8 à 10 jours sous surveillance anesthésique et chirurgicale rapprochée.

    A votre retour à domicile, la surveillance quotidienne est poursuivie par l’infirmière libérale.

    Le chirurgien et/ou le service sont joignables à tout moment afin de pouvoir répondre à toutes les interrogations ou revoir un patient rapidement en consultation si besoin.

    Vous êtes revu systématiquement en consultation chirurgicale à 1 mois post opératoire.

    En cas de cancer, une anticoagulation d’1 mois au total est recommandée.

    L’estomac produit un facteur permettant l’absorption de la vitamine B12. Dans le cas de son ablation en totalité, de la vitamine B12 doit être administrée régulièrement par voie intramusculaire
    En cas d’ouverture du ventre (laparotomie), vous devez porter une ceinture abdominale pendant 2 mois.

    Les activités sportives peuvent être reprises après 1 mois post opératoire.

    La décision de chimiothérapie post opératoire est validée en RCP en fonction des résultats de l’analyse de la pièce opératoire.

    En cas de cancer, une surveillance par le gastroentérologue ou l’oncologue sera nécessaire tous les 3 mois pendant 3 ans puis tous les 6 mois pendant 2 ans.

    Les risques des gastrectomies

    Défaut de cicatrisation de la couture digestive
    Il s’exprime généralement entre le 5ème et le 10ème jour post opératoire par des douleurs abdominales, de la fièvre, une gêne respiratoire. Une réintervention est souvent nécessaire pour laver la cavité abdominale, suturer et/ou drainer l’orifice et parfois mettre en place une sonde d’alimentation dans l’intestin.

    Fuite duodénale
    La suture duodénale peut parfois ne pas cicatriser correctement entrainant une fuite de liquide bilio-digestif, généralement bien prise en charge par le drainage. Le drain est alors retiré très doucement. Une reprise chirurgicale est rarement nécessaire.

    Paralysie digestive
    En réponse à l’« agression » chirurgicale, l’estomac restant et/ou l’intestin grêle se paralysent entrainant des nausées et des vomissements. La mise au repos du tube digestif avec sondage gastrique est nécessaire.

    Troubles fonctionnels
    Reflux bilieux, sensation de blocage alimentaire, gêne à « roter » et à vomir, ballonnements, « poids » gastrique, satiété précoce, malaise juste après les repas pouvant s’accompagner de diarrhée, augmentation des gaz rectaux.

    Dénutrition
    Elle est habituelle surtout en cas de gastrectomie totale justifiant la prise de compléments alimentaires et un suivi diététique. La quantité d’aliments pouvant être ingéré étant plus faible, il faut fractionner les repas. L’apport protidique doit être maintenue. Les carences éventuelles sont corrigées.

    Ulcère anastomotique

    Récidive

    Risques communs à toute chirurgie
    saignement, hématome, abcès, phlébite et embolie pulmonaire, complications pulmonaires.

    A distance :  comme dans toute intervention abdominale, des déformations de la paroi de l’abdomen (éventrations) et des brides intra-abdominales sont possibles.
    Il est rappelé que toute intervention chirurgicale comporte un certain nombre de risques y compris vitaux, tenant à des variations individuelles qui ne sont pas toujours prévisibles. Certaines de ces complications sont de survenue exceptionnelle (plaies des vaisseaux, des nerfs et de l’appareil digestif) et peuvent parfois ne pas être guérissables. Au cours de l’intervention, le chirurgien peut se trouver en face d’une découverte ou d’un événement imprévu nécessitant des actes complémentaires ou différents de ceux initialement prévus, voire une interruption du protocole prévu.

    Conseils après gastrectomie
    • Repas devant durer entre 30 et 45 minutes
    • Installation assise pour la prise alimentaire
    • Bien mastiquer, mâcher ses aliments
    • Fractionner les prises alimentaires et faire plutôt 5 à 6 repas légers que 3 repas abondants
    • Privilégier les viandes blanches (poulet, dinde…)
    • Privilégier les boissons en dehors des repas
    • Ne prendre aucune boisson gazeuse
    • Éviter les épices, le café, les graisses et l’alcool, la vinaigrette, les fruits acides
    • Éviter les aliments à digestion lente comme les plats gras
    • Éviter le tabac
    • Prendre le repas du soir longtemps avant de se coucher et éviter la sieste après le déjeuner