• Hernie hiatale et reflux gastrique

    hernie_hiataleUne hernie hiatale désigne le passage d’une partie de l’estomac de l’abdomen vers le thorax à travers un orifice naturel situé dans le diaphragme (orifice hiatal).
    Il peut s’agir soit d’un glissement, soit d’un roulement de l’estomac.

    Une hernie hiatale peut être asymptomatique ou se manifester fréquemment par un reflux gastrique.

    Ce reflux acide se traduit le plus souvent par une brûlure en arrière du sternum. Des manifestations plus rares sont possibles, comme une toux persistante ou des infections ORL récidivantes.

    Le traitement du reflux gastrique est d’abord médical à l’aide de médicaments antiacide et de mesures hygiéno-diététiques.
    En cas d’échec ou d’intolérance au traitement médical, une chirurgie peut être envisagée.

    Elle consiste à remettre l’estomac en bonne position intra-abdominale, à fermer l’orifice hiatal et à confectionner une valve anti-reflux à l’aide d’une partie de l’estomac. Elle est réalisée dans la majorité des cas par cœlioscopie.

    Avant l’intervention

    La prise en charge d’une hernie hiatale et/ou d’un reflux gastrique nécessite la collaboration étroite entre plusieurs spécialistes :

    • Le médecin gastro-entérologue qui réalise un bilan complet comportant :
      – Une fibroscopie oeso-gastro-duodénale recherchant une hernie hiatale et des lésions œsophagiennes causées par le reflux (œsophagite, endobrachyoesophage).
      – Une manométrie œsophagienne évaluant la motricité de l’œsophage et recherchant une contre-indication à la chirurgie.
      Et parfois une pH-métrie en cas de symptômes de reflux sans signe d’irritation œsophagienne à la fibroscopie.
    • Le médecin anesthésiste qui intervient dès la fibroscopie si elle est réalisée sous anesthésie générale. Une seconde consultation est nécessaire avant la chirurgie.
    • Le médecin ORL en cas de symptômes.
    • Parfois le pneumologue pour évaluer l’impact respiratoire d’une très volumineuse hernie hiatale.
    • Le chirurgien qui pose l’indication opératoire et précise la technique chirurgicale.

    Le sevrage tabagique doit être total pendant au moins 2 mois avant la chirurgie. Un accompagnement par un tabacologue est possible.

    La veille de l’intervention prendre un repas léger tel que jambon ou poisson (sans sauce et graisses cuites), pâtes ou riz, gruyère.

    Une chirurgie mini invasive

    shema_hernie_hiataleLa chirurgie de hernie hiatale et/ou de reflux gastrique est réalisée sauf exception par coelioscopie à travers 5 petits orifices.

    Elle consiste à remettre l’estomac en bonne position intra-abdominale, à fermer l’orifice hiatal et à confectionner une valve anti reflux à l’aide de la partie supérieure de l’estomac appelée grosse tubérosité. Dans notre centre nous réalisons une valve anti-reflux à 270° permettant de diminuer le risque de troubles fonctionnels post opératoires.

    Généralement aucun drain n’est nécessaire. Vous n’avez pas de sonde gastrique. De la colle ferme et protège les cicatrices.

    Les suites opératoires

    Après une surveillance en salle de réveil, vous êtes transféré aux soins continus ou en service conventionnel. Un protocole de récupération rapide après chirurgie est mis en œuvre : l’alimentation est reprise rapidement, les perfusions sont stoppées le lendemain ou le sur lendemain, aucun soin de paroi n’est nécessaire. L’hospitalisation dure entre 2 et 5 jours. Un traitement anti acide est prescrit pendant 15 jours.

    La chirurgie anti reflux est efficace dans plus de 90% des cas.

    Les risques de la chirurgie de hernie hiatale et de reflux gastrique

    Les risques sont faibles mais doivent être connus :

    • Perforation gastrique et œsophagienne.
    • Perforation de la plèvre et pneumothorax (air dans la cavité thoracique), épanchement pleural (liquide dans la cavité thoracique), pouvant nécessiter un drainage thoracique pendant quelques jours.
    • Troubles fonctionnels : sensation de blocage alimentaire, gêne à « roter » et à vomir, ballonnements, « poids » gastrique, satiété précoce, malaise juste après les repas pouvant s’accompagner de diarrhée, augmentation des gaz rectaux. Ces troubles, pouvant s’accompagner d’une perte de poids, sont le plus souvent transitoires.
    • Risques communs à toute chirurgie : saignement, hématome, abcès, phlébite et embolie pulmonaire, conversion en laparotomie.
    • Récidive : rare, inférieur à 10% à 10 ans, elle peut nécessiter la prescription à nouveau d’un traitement antiacide voire une réintervention.
    • A distance :  comme dans toute intervention abdominale, des déformations de la paroi de l’abdomen (éventrations) et des brides intra-abdominales sont possibles.

    Il est rappelé que toute intervention chirurgicale comporte un certain nombre de risques y compris vitaux, tenant à des variations individuelles qui ne sont pas toujours prévisibles. Certaines de ces complications sont de survenue exceptionnelle (plaies des vaisseaux, des nerfs et de l’appareil digestif) et peuvent parfois ne pas être guérissables. Au cours de l’intervention, le chirurgien peut se trouver en face d’une découverte ou d’un événement imprévu nécessitant des actes complémentaires ou différents de ceux initialement prévus, voire une interruption du protocole prévu.

    Conseils après chirurgie de hernie hiatale et de reflux gastrique

    • Repas devant durer entre 30 et 45 minutes
    • Installation assise pour la prise alimentaire
    • Bien mastiquer, mâcher ses aliments
    • Fractionner les prises alimentaires et faire plutôt 5 à 6 repas légers que 3 repas abondants
    • Privilégier les viandes blanches (poulet, dinde…)
    • Privilégier les boissons en dehors des repas
    • Ne prendre aucune boisson gazeuse
    • Éviter les épices, le café, les graisses et l’alcool, la vinaigrette, les fruits acides
    • Éviter les aliments à digestion lente comme les plats gras
    • Éviter le tabac
    • Prendre le repas du soir longtemps avant de se coucher et éviter la sieste après le déjeuner
    • Éviter de porter des gaines, des corsets ou des ceintures trop serrées
    • Surélever la tête du lit
    • Éviter les postures penchées en avant